jeudi 27 février 2014

Miroir, mon beau miroir…

À certains moments de la vie, chaque être humain doit réévaluer la situation, regarder honnêtement sa vie afin d’être en mesure de prendre les bonnes décisions. Les temps changent et chacun doit s’y adapter ou prendre le risque d’être en échec.
Pour être totalement efficace, la personne doit oser se regarder dans le miroir. Et pour le faire pleinement, elle devra accepter de se regarder son habit, son maquillage, c’est-à-dire sans le masque qu’elle revêt lors de toutes ses interactions sociales.


Facile à dire !


Rien de plus simple à dire, mais tellement compliqué à traduire en actes simples !!
Mon activité de thérapeute de 24 ans m’a appris qu’au-delà de tout jugement de valeur, certains d’entre nous vivent de manière chronique des situations d’échecs dans leur vie, avec des conséquences déplorables sur leur estime personnelle. Évidement en toute objectivité il est évident les personnes dans ce genre de situation devraient prendre le temps de réfléchir à leur situation afin qu’il puisse faire les changements nécessaires afin qu’ils mettent toutes les chances de leur côté afin de sortir de l’échec et de mettre le cap vers le succès.
Pourtant ils n’y parviennent pas du tout. C’est au-dessus de leur force. Ils préfèrent continuer à vivre mal en s’obstinant à garder le cap vers la version la plus triste de leur vie.
Pourquoi un être humain ne choisit-il pas forcément le bonheur ?
Pourquoi certains d’entre nous « attire » la poisse, accumule la malchance et sont abonnés aux échecs ?
Nous allons découvrir ensemble de pistes qui sont autant d’explications possibles à ce comportement courant chez l’être humain.


Faire face à ce que l’on refuse de voir


Se remettre en question et réévaluer sa vie implique forcément de faire face au miroir que nous présente notre conscience. Ce faisant c’est tout notre vécu historique qui nous est donné à voir :
1.     Réussites et échecs du passé
2.     Sensations plaisantes ou douloureuses liées à chacun des événements de notre vie
3.     Éléments que l’on se reproche et/ou que l’on n’a pas réussi à assumer par le passé, qui depuis nous poursuivre

Se regarder dans le miroir de la conscience équivaut à faire face à une balance sur laquelle l’être humain mettrait d’un côté tout le plaisir[1] et de l’autre tout la souffrance de son histoire de vie.
Revivre les moments plaisants du passé, redécouvrir au travers d’un album photo à quel point nous fûmes heureux à certains moments n’est pas une chose difficile.
Par contre, faire face à ses échecs cuisants, tant relationnels que professionnels ; sentir à  nouveau la douleur extrême qui nous a brisés ou celle que l’on a produite sur l’autre demande un courage énorme.


La force du non-jugement


La seule chose qui m’a permis tout d’abord de faire ce travail sur moi dans ma formation de thérapeute à Paris puis de parvenir à aider des centaines de personnes qui m’ont accordé leur confiance dans le cadre de séances de thérapie est le non-jugement.
Le non-jugement permet de lever l’omerta, ce silence pervers dans lequel une personne, un couple, une famille, un groupe social, une nation ou l’humanité se réfugie, car la simple évocation de l’événement est extrêmement pénible.
Que de souffrance à long terme nous endurons afin de soi-disant ne pas souffrir ou faire souffrir en parlant, en levant ce secret! Les secrets lorsqu’ils contiennent de la douleur détruisent la personne, manière perverse, car cachée et silencieuse…


Soulager sa conscience


Soulager sa conscience permet à l’aspect honnête, courageux, bienveillant et sincère de notre personnalité de s’épanouir et de faire le juste, le bon le vrai à nouveau (ou de le rétablir).
« Pourquoi le faire ? Qu’est-ce que l’on en a à faire de la conscience ? » …sont des paroles que j’entends souvent, car les gens ont souvent tendance à confondre conscience et religion. Parler de conscience n’a rien à voir avec la religion et encore moins avec le fait de se mettre à genoux pour se repentir !!


Sortir de tout sentiment de culpabilité


Le passé est précieux, quelle que soit sa nature, car il permet lorsqu’il est pleinement assumé et compris d’acquérir une expérience totalement unique !
Pour y parvenir il faut se donner rétroactivement le droit à l’échec, car nous ne sommes pas parfaits et encore moins tenus de l’être ne permanence.
Oser regarder sans méchanceté ni culpabiliser nos échecs c’est apprendre aussi à aider…en commençant par soi-même !


Ne pas avoir peur du jugement de l’autre


Très souvent, les gens qui me consultent souffrent de ne pouvoir dire la vérité. Non pas parce qu’ils sont menteurs de nature, mais ils ont une peur panique de dire la vérité et que leur entourage les rejette.
Ceci est parfaitement humain et normal. Chacun de nous est né dans une famille ou autrement dit un environnement fonctionnement selon de codes, des schémas relationnels précis, l’équivalent d’une loi. Et lorsqu’un individu transgresse la loi du clan, il éprouve légitimement la peur du rejet. Et ça il ne peut se le permettre, car chacun de nous a besoin de chaleur humaine pour vivre.


Donner le pardon à soi et au monde


Lorsqu’on a transgressé la loi, nous subissons la punition ce de manière très souvent inconsciente aussi vraie que nous recevons la récompense lorsque nous matérialisons pour le clan la loi au travers de nos actes, de nos paroles parfaitement en accord avec celle-ci.
Le seul moyen de ne pas perdre du temps à se punir et à s’enfermer dans un état de culpabilisation à effet destructeur est le pardon : offrir une seconde chance à celui qui a fauté, trébucher…
Se pardonner son imperfection, ses faiblesses et ses fautes passées et faire de même pour les autres, tous les autres mêmes et surtout ses pires ennemis. Car nourrir des sentiments comme la culpabilité, la vengeance, la rancœur à l’encontre de qui que ce soit n’est que perte de temps.
L’acte de pardon permet d’avancer en choisissant de faire mieux Ici et Maintenant libre de toutes dettes passées. Attention je ne dis pas que le pardon libère des dettes du passé. J’affirme que le mal que l’on a fait à soi ou aux autres doit tôt ou tard être compensé par du bien, et cela est rendu possible par le pardon.


Se jeter à l’eau


Je trouve la symbolique de la traversée du fleuve en furie est une excellente image qui représente parfaitement ce travail. Je m’explique : ce travail se déroule en trois étapes
1.     1er niveau de vie : l’inconscience : la personne se représente la vie comme une succession de hasards articulés les uns aux autres de manière plus ou moins heureuse. Elle n’a pas ou peu conscience du fait que tout effet est généré par une cause (ou si vous préférez « on récolte ce que l’on sème »), voir le conteste violemment.
2.     2ème niveau de vie : la prise de conscience : la personne commence à se rendre compte que la vie s’explique, qu’il y a un lien entre la cause et l’effet. Peu à peu elle admet que le principe de « cause à effet » implique la responsabilité et la sienne. Elle devient de plus en plus consciente qu’elle est totalement responsable de ce qu’elle sème et qu’elle récolte…ce qu’elle mérite. Ne comprenant pas totalement ce grand principe elle passe par des périodes de déprime parce qu’elle ne peut pas s’empêcher de penser « que la vie est injuste avec elle » malgré le fait qu’elle adhère à la loi de rétribution (principe cause à effet)
3.     3ème niveau de vie : l’acceptation proactive : la personne accepte son présent comme « juste et bon », car elle accepte pleinement le bien-fondé de la loi de rétribution. Elle commence à faire la balance entre le bien qu’elle a fait (le mérite) et le mal qu’elle à générer (le démérite). Elle se met à consciemment faire le bien autour d’elle non pas dans l’apparence, mais dans l’esprit de faire ce qui est juste et vrai pour elle. Elle passe par des périodes de doute horribles, de désespoir et de révolte, car elle s’est jetée dans le fleuve. Et ce fleuve elle sait que c’est le flot incontrôlé de ses émotions passionnées que déboulent en furie. Mais elle tient le cap, apprend à maîtriser la polarisation de ses émotions (amour passionnel-haine, espoir-désespoir, attirance-répulsion) et comprend enfin que jusque-là elle ne tenait pas réellement la barre de sa vie, l’abandonnant à ses émotions extrêmes qui l’ont ballotée dans tous les sens jusqu’à pratiquement lui faire perdre de vue que sa vraie nature et le propos de sa vie : à pas de loup elle découvre qu’elle est par nature une âme immortelle « en visite dans un monde d’illusions impermanent »


Oser se souhaiter le meilleur


Si l’on consent à l’effort de l’introspection[2] par son examen de conscience c’est pour avoir une meilleure vie ! Oser effectuer ce processus et prendre assez de temps afin de définir quels changements sont à produire en termes de comportements et de choix de vie doit se faire en osant se souhaiter le meilleur, c’est-à-dire de s’offrir le droit de marcher vers ses réels objectifs de vie sans concessions.


Définir les vrais objectifs de vie


Définir ses objectifs de vie n’est pas forcément évident. Je vous donne un exemple : la semaine passée, je rencontrais en consultation une personne pour la 1ère fois. Il me parla de sa vie professionnelle et de sa vie privée. Il me dit qu’il avait une copine. Afin de mieux comprendre ce que représentant sa copine pour lui je le demandais quel sentiment il éprouvait pour elle. Il me dit du tac au tac qu’elle était la femme de sa vie indéniablement. Je lui demandai s’il lui avait dit cela et il me répondit que non. Cela déboucha sur une séance magnifique durant laquelle j’ai essayé de convaincre cet homme, qui se décrivait lui-même comme très cartésien aimant les chiffres, qu’il venait de me parler durant une heure d’émotions. Cet homme prit conscience de cette partie et me dit à quel point il ne s’occupait jamais de ses émotions (donc n’en tenait jamais compte dans ses processus de prise de décision)
Ce petit exemple démontre clairement que parfois l’être humain écoute absolument tout le monde, sauf lui-même lorsqu’il s’agit de définir des objectifs de vie.
L’objectif en termes de chiffre d’affaires de l’entreprise qui vous emploie est-il votre objectif ? Allez-vous partir en vacances là où « tout le monde va » ?
Et si ce soir il y avait deux lunes qui se levaient dans le ciel ?? Et si vous preniez le plein droit de vous définir pour déterminer vos objectifs personnels à vous pour et par vous

Car au final n’est-ce pas en étant totalement heureux de vivre que vous serez un bon conjoint, ami, collègue pour les autres ??


Je peux aussi, choisir le dénie


Certains d’entre nous choisissent de dénier tout ou partie de leur passé en s’insensibilisant et c’est leur droit. Leur droit de ne pas regarder en arrière, de choisir de refermer la douleur, de l’enterrer.
Cela fait partie de droit de chacun de disposer de sa vie. De mon point de vue, le dénie représente la position antérieure à la traversée du fleuve.
Il me semble que la traversée d’un fleuve en furie symbolise très bien ce travail sur notre conscience dont nous avons parlé. Tant qu’à s’y jeter autant être prêt. C’est pourquoi je respecte celles et ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas faire ce travail introspectif.


Conclusion


À chacun de nous de choisir la direction que l’on veut prendre. Pour cela il faut commencer à prendre ou reprendre en mains le gouvernail de sa vie. Afin d’imaginer puis de réaliser la plus belle des histoires : votre Vie !!

Puissiez-vous devenir dans la réalité ce que vous désirez le plus au monde.





                                                                                     Jean-Christian Balmat

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[1] Dans cet article les termes « plaisir » et « douleur » sont considérés comme le résultat de l’interprétation de l’encodage par le cerveau humain de tout ce que les cinq sens amènent en termes d’informations sensoriel. Chaque acte, chaque chose que nous voyons, goûtons, touchons, sentons, entendons possède une valeur précise en terme de plaisir-douleur sur l’échelle de notre cerveau. Le système endocrinien selon la valeur de stimulus déclenchera la sécrétion d’hormones de plaisir ou respectivement de douleur, ce qui aura des conséquences radicalement différentes dans le corps physique. Je vous invite à lire les articles que j’ai postés précédemment sur ce sujet passionnant.
[2] « Introspection » : dans ce contexte, j’utilise ce terme pour décrire l’acte de faire le bilan de ses dettes et bénéfices dans cette vie.